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Pourquoi la musique a-t-elle besoin des festivals ?
Les festivals présentent trois originalités qui les rendent
irremplaçables. D’abord, ce sont des lieux de création,
qui prennent des risques artistiques. Ce sont également des lieux
qui favorisent le lancement de nouveaux artistes. Nous avons d’ailleurs
développé toute une série de partenariats avec les
concours internationaux ou les Victoires de la musique pour donner l’occasion
aux jeunes de se produire. Enfin, il s’agit d’un outil clé
de la démocratisation culturelle.
Pensez-vous qu’il y ait encore la place pour de nouveaux festivals
?
Depuis une vingtaine d’années, le maillage du territoire s’est
considérablement développé. Nous arrivons manifestement
à une situation de maturité. Bien sûr, il y a certainement
des endroits où cela peut parfaitement se justifier. Tout en sachant
qu’il est difficile, aujourd’hui, de lancer un nouveau festival.
L’encadrement juridique, administratif et fiscal à mettre en
place, se situe tout de suite à un niveau relativement professionnel.
La fédération France Festivals est-elle attentive
au dossier des intermittents du spectacle plus que jamais au centre de
l’actualité ?
Nous y sommes d’autant plus attentifs que ce régime est
vital pour l’économie des festivals. Nous sommes aujourd’hui
auditeurs au CNPS [le Conseil national des professions du spectacle, NDLR].
Et nous avons officiellement demandé au ministre de la Culture et
de la Communication à être associé au travail de redéfinition
des conventions collectives, qui aura lieu cette année. Nous pensons
qu’il devrait exister, à ce sujet, des annexes particulières
pour les festivals, où les contraintes et les caractéristiques
de l’emploi sont largement différentes de celles existantes
dans les structures permanentes.
La fédération va-t-elle s’ouvrir aux festivals de
musiques actuelles ?
Ce n’est pas à l’ordre du jour. Les grands festivals
de musiques actuelles ont des problématiques radicalement différentes
des nôtres. Nous pensons davantage aux musiques du monde et à
la danse, qui ont des points communs assez importants avec nous. Nous allons
essayer à l’avenir de conduire des travaux ensemble.
Sur le plan économique, comment se portent les festivals en France
?
L’économie est contraignante. De tous les côtés,
les coûts sont à la hausse, notamment les coûts administratifs
et sociaux. La fin des emplois jeunes a aussi créé une secousse
considérable sur le plan financier. Et, du côté des
recettes, les marges de développement ne sont pas gigantesques. Les
festivals ont souvent des taux de remplissage de l’ordre de 80%. Il
faut déjà maintenir le niveau. Quelles sont les
grands projets sur lesquels travaille actuellement la fédération
?
Le grand événement de l’année 2006, c’est,
pour nous, l’organisation d’un nouveau colloque les 16 et 17
novembre à l’abbaye de l’Épau, au Mans, sur le
thème : «Les nouveaux territoires des festivals». Nous
menons actuellement une vaste enquête de fond, pour établir
une sorte de radiographie de festivals. À l’occasion de ce
colloque, nous en présenterons les résultats.
Extrait de l'interview diffusée sur

Interview complète sur La
Scène Propos recueillis par Hubert
MARÉCAILLE
pour le magazine Le Nouveau Musicien.
Parution février 2006 (n°12).
(c) Le Nouveau Musicien. Tous droits réservés.
Photo : Phil JOURNÉ.
Source: www.professionnelsduspectacle.com
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