Festival RussenKo : le Kremlin-Bicêtre à l'heure des cultures russes et russophones


Le Kremlin-Bicêtre, le 7 octobre 2014 - La Ville du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne, IDF) vous donne rendez-vous les 30, 31 janvier et 1er Février 2015 pour la 6ème édition de son Festival RussenKo.

Manifestation incontournable offrant à voir la Russie d'aujourd'hui dans ce qu'elle a de plus créatif, ce nouveau cru ne déroge pas à ce qui fait la marque de fabrique du Festival, à savoir proposer un programme foisonnant entre arts plastiques, photographie, littérature, cinéma, musique, gastronomie, spectacle vivant et tables rondes. Une programmation sans cesse renouvelée, comme en témoigne cette année l'ouverture du Festival à d'autres disciplines telles que l'art du Clown. Des passerelles sans cesse recréées entre culture et société, qui permettront de proposer des expériences toujours plus étonnantes à un public élargi. Nouveaux univers créatifs, nouveaux territoires, les temps forts de cette 6ème édition vous sont aujourd'hui dévoilés !

L'image sera au cœur de cette 6ème édition et notamment la photographie avec deux expositions collectives. Le Festival RussenKo présentera en partenariat avec la Galerie Polka le travail de trois photographes qui portent un regard singulier sur la Russie et l'espace russophone : Françoise Huguier relève les habitudes et les comportements des habitants dans leur intimité : en complète immersion, elle loue durant 7 ans une chambre dans un appartement communautaire de Saint-Pétersbourg (la série « Kommunalka »). Côté invitation au voyage, avec « En route pour Behring », la photographe voyage à la rencontre de différentes ethnies, éleveurs de rennes et chasseurs de morses. Le duo Yves Marchand et Romain Meffre offre quant à lui une vision théâtralisée de lieux abandonnés de la région du « Donbass », marquée aujourd'hui par les difficultés économiques et par une crise politique sans précédent ; tandis que les revers du développement industriel sont esthétiquement traités par le photographe Alexander Gronsky qui met en lumière la singularité de ces zones péri-urbaines nébuleuses au potentiel poétique indéniable (« ReenAct »).

Par ailleurs, le Festival RussenKo s'associe cette année encore au prestigieux Multimedia Art Museum de Moscou (MAMM) et à sa directrice Olga Sviblova pour présenter, sous le titre « Le Dégel », une exposition collective de trois grands photographes soviétiques et russes, aujourd'hui des classiques de la photo russe : Vladimir Lagrange, Viktor Akhlomov et Vsevolod Tarassevich ont, chacun à leur manière, illustré l'atmosphère d'un pays qui se met, imperceptiblement, à changer pendant les années de « dégel » (années 1950/65) qui marquent une époque bien particulière de l'histoire soviétique.

La gastronomie initiée - et largement appréciée - en 2014 est reconduite en 2015 ! Autour du thème des « Nouveaux fermiers », le programme, concocté par la journaliste, critique gastronomique et auteur Guelia Pevzner sera l'occasion de rencontrer producteurs, chefs cuisiniers et collectifs qui œuvrent pour définir de nouvelles formes d'alimentation. Au programme : une table ronde (« Bien nourrir les villes »), des ateliers gastronomiques et des masterclass avec les chefs Gérard Cagna, Anton Prokoffief et Elena Koznova qui utiliseront des produits régionaux, d'Ile-de-France et de Moscou. Le collectif Lavka Lavka (Russie) qui milite pour une alimentation saine et responsable, valorisant le patrimoine agricole en lien avec les consommateurs des villes présenteront par ailleurs leurs produits et animeront des ateliers de fabrication de produits fermiers.

Côté musique, en partenariat avec le festival Afisha Picnic, RussenKo présentera deux jeunes talents de la nouvelle scène moscovite : le groupe Manicure ainsi que le chouchou de la scène émergeante électro russe, Anton Maskeliade.

Cette année encore, les arts descendront dans la rue avec une programmation street-art étonnante. Au programme, l'un des artistes les plus prometteurs du street-art russe, Radya originaire d'Ekaterinburg dans la région de l'Oural. Radya développe une approche originale et singulière de l'art de rue. Se laissant imprégner par les lieux, il transforme l'espace urbain poétiquement, graphiquement, radicalement.

Par ailleurs, le collectif français WECOMEINPEACE présentera un jeu vidéo qui prendra forme sur l'étonnante architecture de la médiathèque l'Echo. Basé sur la technologie Kinect®, ce video game mapping s'inspire de l'univers graphique de cette édition du Festival Russenko et propose une réappropriation participative et inédite de l'espace urbain.

Du côté des tables rondes, un des rendez-vous majeur de l'édition 2015 sera la rencontre autour de « L'Ukraine, les journalistes et le citoyen » animée par Ziad Maalouf, journaliste à RFI qui traitera de la difficulté d'informer, d'être informé et donc de comprendre l'information dans le conflit ukrainien. Avec Alexandre Timofeevsky (sous réserve), journaliste, Anna Kachkayeva, journaliste, doyenne de la faculté des médias de HSE à Moscou, Andrey Dihtiarenko, journaliste ukrainien à Realnaya Gazetta et l'un des participants actifs de la couverture de la crise ukrainienne ; Mustafa Nayyem, journaliste ukrainien d'origine afghane (Ukrainskaya Pravda), l'un des organisateurs du mouvement de Maidan en 2014 ; ainsi que Laurence Habay Chef de service Russie, Est de l'Europe au Courrier International.

Une deuxième table ronde, « « Femme russe », à qui profite le mythe ? » s'intéresse quant à elle à la figure de la « femme russe » devenue l'un des symboles de cette nouvelle Russie s'ouvrant sur le monde. « Femme de pouvoir » ou « femme à la recherche d'un mari », qui sont ces femmes ? Qui sont ceux ou celles, qui participent à la diffusion de cette image ? Pour quelles raisons cette vision simplifiée et fantasmée trouve-t-elle un écho dans les sociétés européennes ? Avec Madeleine Leroyer, journaliste française, auteur du livre « Une vie de Pintade à Moscou ».

Enfin, une troisième table ronde « La Prison parmi nous, l'influence de la vie carcérale sur le quotidien des Russes » s'intéressera au système carcéral russe. Une fois relâchés, les individus portent en eux une partie des codes, des expériences, des réalités du monde carcéral. Comment cette « prison du dehors » fonctionne-t-elle ? Qu'est-ce que les anciens détenus rapportent dans leur famille, sur leur lieu de travail ? Quels changements sur le long terme cette culture carcérale a-t-elle provoqués dans la société russe ? Avec Olga Romanova, journaliste russe, leader du mouvement d'opposition de 2012 et directrice de l'ONG Russie Assise, Vadim Volkov (sous réserve), professeur de sociologie à Saint-Pétersbourg et Alexei Kozlov, entrepreneur, ancien détenu, sorti de prison grâce au travail de l'ONG Russie Assise.

Les journées littéraires accueillent pour cette édition des auteurs prestigieux tels que Svetlana Alexievitch (« La Fin de l'homme rouge », prix Médicis essai 2013) et Antoine Volodine (« Terminus radieux », Le Seuil, sélectionné pour les prix Fémina, Médicis et de l'Académie française) dont les témoignages de désillusion de l'écrivaine biélorusse a nourri en profondeur les personnages de sa fiction. Ou encore, la poétesse russe Olga Sedakova pour un hommage à son œuvre. Enfin, Olivier Rolin (« Le Météorologue », Le Seuil, sept 2014) reviendra sur son film « Solovki, la bibliothèque disparue » puis dialoguera avec le tout jeune auteur russe Sergueï Lebedev (« Les limites de l'oubli », Verdier, 2014) qui comme lui mène l'enquête sur les vestiges des camps. D'autres auteurs russes seront à l'honneur. Tout d'abord, deux auteurs émigrés en France, dont l'un écrit toujours dans sa langue maternelle Evguéni Tkatchenko (« Toutes les guerres », Actes Sud, 2013), et le second a rejeté définitivement le russe pour le français Dmitri Bortnikov (auteur à la médiathèque L'Echo du Kremlin-Bicêtre jusqu'à fin janvier 2015). Puis, Maxime Ossipov, auteur du très remarqué « Ma Province » (Verdier, 2011) et l'auteur-traductrice Luda Jurgenson (« Au lieu du péril », Verdier, 2014) immergeront avec beaucoup d'efficacité l'auditoire de ces journées dans la réalité du quotidien russe, par des « Histoires d'un médecin russe » et par un plongeon dans la tête d'une bilingue qui passe ses journées à se battre avec le Russe et le Français ! Enfin, la place sera faite aux Classiques. Dostoïevski d'abord durant une soirée autour de l'adaptation des « Démons » pour la radio. Lermontov ensuite à partir du témoignage de Céline Wagner qui a fait de « Un héros de notre temps » (Actes-Sud/L'An 2, 2014) un bande dessinée sensible où toute la beauté métaphysique du texte est restituée.

Le cinéma d'animation soviétique et russe sera lui aussi de la partie : RussenKo présentera, en partenariat avec l'école Scream School de Moscou, une rétrospective en deux parties des films d'animation soviétiques et russes. La première partie comportera cinq films de la période soviétique (1936 - 1989) produits par les studios Soyuzmultfilm - célèbre studio fondé en 1936 à Moscou d'où émergea le cinéma d'animation russe. La seconde s'articulera autour de cinq films d'animation post-Soyuzmultfilm (1990 - 2014), produits par des studios indépendants et notamment par le studio Pilot. Fondé en 1988 à Moscou, il est devenu l'un des fers de lance de la nouvelle production cinématographique russe d'animation. Sergey Merinov et Elena Chernova, réalisateurs pour les studios Pilot conduiront d'ailleurs des ateliers autour des techniques de réalisation de films d'animation.

Ecran noir toujours, la comédie et l'humour dans le cinéma soviétique et russe seront à l'honneur ! Laissant de côté la gravité des drames et tragédies qu'on connaît si bien dans l'imagerie de l'âme slave, la programmation laisse cette année la place à la joie de vivre, aux éclats de rire, à l'ironie et à la comédie Avec « Kikoriki » de Denis Chernov, « Les Joyeux Garçons » de Grigory Alexandrov, « Les Gentilshommes de la chance » de Alexander Sery, « Deux jours » d'Avdotya Smirnova, « Le grand blond dans le grand froid russe » de Tania Rakhmanova et « Les Zazous » de Valery Todorovsky.

Enfin, pour cette 6ème édition, RussenKo s'ouvre à l'art du Clown avec « Kanikuly », création franco-russe issue d'un échange de trois années entre clowns français et russes, diplômés de la célèbre école Le Licedei. « Kanikuly » raconte l'envie de s'arrêter face à une pression constante, de faire le vide et de s'évader, même sans bouger. Sur fond d'espièglerie, d'absurde et d'humour grinçant, le langage du corps et du regard passe les frontières, pour notre plus grand plaisir.
 [2014-11-03] Source : RussenKo 2015  Camille]

 

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