RDR : Réelles Découvertes Rock


Le temps fût maussade à la Route du Rock du 15 au 17 août à l'image de cet été 2007 ; pas de grande chaleur, du vent, un ciel tantôt gris, tantôt bleu, tantôt nuageux et des informations météo pas toujours au point... Conséquence, jeudi 16 août, les artistes de l'après-midi sont installés à la Rotonde du Palais du Grand large alors que le ciel nous nargue de son bleu pur ! Dommage !


Côté découvertes et groupes de qualité, ils sont un bon nombre. Gros coup de coeur pour Owen Palett l'artiste qui incarne Final Fantasy avec son violon magique et magnifique. On dit «le meilleur pour la fin » je ne sais si les programmateurs avaient cela en tête en clôturant les concerts du Palais du Grand Large (renommé Palais Sony Ericson cette année !?!) avec ce Canadien très malin. Deux rappels dont une reprise de Mariah Carey (Sweet Fantasy) renforceront notre pincement au coeur : la Route du Rock est finie au Palais... reste le Fort Saint Père, ouf !

Mais revenons sur la dix-septième édition de la Route du Rock jour après jour.


Premier Jour : mercredi 15 août

Le ciel est menaçant, la plage n'accueillera pas les musiciens comme programmés... Une mauvaise communication punit beaucoup d'entres nous, je ne verrais pas Anna Terheim à ma grande déception. Les concerts ne sont en effet pas annulés mais reportés à la Rotonde, à l'intérieur du Palais du Grand Large et l'accès y est libre. Peu de personnes informées, un public reduit a dû apprécier la Suédoise à la voix semblable à Suzane Vega diront certains... Elue révélation 2005 dans son pays, elle semble plaire aux Français bien informés...

Au Fort Saint-Père les concerts ont bel et bien lieu, et même sous la pluie, quelques courageux sont ponctuels et attendent le premier groupe de la première journée à savoir : Elvis Perkins. Tout les festivaliers qui ont lu le programme ou sont informé sur le chanteur se le disent ; c'est le fils d'Anthony Perkins l'acteur américain mort du sida (en 1992) qui a perdu sa mère dans les attentats du 11 septembre (se trouvait dans l'un des avions...). C'est sûr, c'est dramatique, mais sa musique, elle, ne l'est pas et à notre grand bonheur. La pluie se fait moins intense, les festivaliers plus nombreux sur le site. Tant mieux ! Ash Wednesday est le premier album d'Elvis Perkins. A écouter...

Place à Herman Düne qui s'est fait descendre par la presse le lendemain de son passage sur la scène sans nom (car cette année, il y avait la Plage Fnac, et le Palais Sony Ericson... mais que se passe-t-il ?) Faut dire il fallait bien trouver de l'argent pour payer les américains des Smashing Pumkins qui ont fait la demande de venir jouer à la Route du Rock mais pour un cachet non négligeable, à savoir 200 000 €, tout ça pour venir cracher sur la scène mais bon, nous y reviendrons en temps voulu...) Herman Düne joue bien, il est vrai qu'il manquait les voix des Baby Skin mais la musique reste belle...

The National, quelle nationalité ? New-Yorkais ! Ok c'est pas une nationalité mais dans le monde de la musique (et du rock en particulier) on pourrait presque le croire ! De plus leur musique peut être comparée à celle de leurs voisins Interpol... (sont de NYC aussi). Déjà venus à la Route du Rock (en 2005), les américains ont été apprécié par les festivaliers bien réveillés (et un peu moins mouillés). Leur passage à la Route du Rock est exceptionnel car The National n'est pas en tournée en ce moment, quel honneur !

Art Brut sont passés au festival breton d'Art Rock le 25 mai dernier (c'est assez logique étant donné leur similitude dans leurs noms respectifs), nos oreilles apprécieront le groupe anglais à Marc-en-Poulet. En conférence de presse et en interview, le chanteur et le guitariste sont très souriants, très à l'aise (le chanteur m'a même dit que j'avais des belles chaussures !!! (argentées)). Du reste ils sont partageurs car trouvant le nom d' « Art Brut » très intéressant, ils ont décidé de le franchiser pour que tous les groupes qui le souhaitent se nomment comme eux, sympas, non ?

La scène passe au groupe énergique aux sons Hip Hop-Funk de The Go! Team. La chanteuse est déchaînée, et danse à tout va, n'économisant pas ses mouvements, se donnant au public sans modération et la bière coule à flot aux bars de la route du rock (il faut bien se réchauffer pensent les festivaliers...)

Et la première journée se termine les jambes fatiguées et les pieds mouillés et Justice qui sont bien accueillis. Le public s'éclate dansant (l'alcool aidant), et le groupe français composé de Gaspar Augé et Xavier de Rosnay se donne comme ils peuvent (ce sont des musiciens de platine alors c'est un peu moins impressionnant que des musiciens à la guitare ou à la batterie, vous en conviendrez...)



Deuxième jour : jeudi 16 août

Alors que le soleil est au rendez-vous de ce jeudi après-midi, toujours pas de scène sur la plage du Bon Secours (il a plu à 11h le matin, les organisateurs ont préféré ne pas prendre de risque). La Rotonde du Palais du Grand Large (dois-je vraiment dire Palais Sony Ericson ?) est un beau lieu, avec une superbe vue sur la plage du Sillon, les cerf-volants en background, rien à dire hormis l'espace qui demeure restreint (forcément comparé à l'étendue d'une plage...)

En simutané jouent ainsi Windmill et Inrocks Steady Crew, il faut faire un choix... je prends le moulin à vent et ça tombe bien, c'est d'actualité (le vent) ! Et même s'il ne pleut plus, ni à l'extérieur, encore moins à l'intérieur, les musiciens montent sur scène un parapluie à la main. Le chanteur-clavier lui traversera la salle pour retrouver ses acolytes. Originale entrée... Le concert est chargé en émotion, le chanteur (Matthew Thomas Dillon) très communicatif, nous avoue la joie qu'il ressent de venir jouer devant une aussi grande audience à Saint-Malo et l'évalue à 9/10 passant la question à ses musiciens tout aussi heureux d'être là. La violonceliste l'est un peu moins mais c'est son premier concert avec les Windmill et le chanteur la prendra dans ses bras pour lui donner du courage (free hugs, très actuelle comme attitude...). Quant au batteur, lui, ce n'est pas son premier concert, loin de là mais son dernier. On ressent l'émotion dans ses yeux quand le chanteur le remercie et le prévient : c'est ton dernier air... Musicalement c'est très riche, quant à la voix du chanteur (un peu crécelle) c'est une histoire de goût, de vécu et de tolérance... Le concert reste très beau.

Place à Sebastien Schuller à la Rotonde. Posé sur son tabouret face à son piano et à la mer (et pas au public, tant pis, chacun ses priorités...), je n'entendrais qu'un titre du Français car il connaît quelques difficultés dans l'installation de son Mac, et le second groupe du Palais s'apprête à jouer... moi aussi j'ai mes priorités ! Cela aurait été l'occasion de découvrir quelques titres du prochain album qui ne sortira qu'en mars 2008 mais bon... Je ne le regretterais pas ma décision car Patrick Watson se défend plutôt bien, ils sont canadiens, parlent français et se montrent fort sympathiques ! La musique est planante, rythmée aussi et très bien adaptée à la salle de théâtre. La voix du chanteur a parfois des consonances de Jeff Buckley alors j'adore !

Fujiya & Miyagi ouvrent la deuxième journée au Fort Saint-Père. Les festivaliers entrent peu à peu sur le site, le ciel est plutôt dégagé. Comme son nom ne l'indique pas, ce trio est anglais et a été formé à Brighton en 2000. Leur album Transparent Things propose une musique hétéroclite aux faux airs de krautrock avec des sonorités rock, funk mélangées à de l'électro... une belle recette !

120 Days est le groupe qui passe un peu inaperçu... En effet car une majorité des festivaliers, le programme en main ne savent pas comment il se nomme. 120 Days sont en effet les remplaçants du groupe suédois Peter, Björn and John, ce qui fait que certains (ne maîtrisant pas très bien la langue de Shakespeare) se tromperont sur leur identité... Le chanteur aux vêtements déchirés, bouge, se donne un air de défoncé mais le concert des Norvégiens passe assez bien.

The Besnard Lakes... un côté Sigur Ros, la musique plane sur Marc-en-Poulet tantôt douce tantôt plus rock en attendant la tête d'affiche des Smashing Pumpkins. Le groupe de Montréal propose de belles mélodies à méditer peut-être chez soi plutôt que dans le froid automnal d'un mois d'août atypique (conséquence d'un réchauffement climatique ? A méditer, je vous le disais...)

La scène est laissée aux américains au gros cachet : Les Smashing Pumpkins. Personnellement, j'ai trouvé leur concert intéressant. Le dernier album du groupe tout récemment recomposé, ne m'a pas emballée mais je retrouve avec plaisir des airs que j'écoutais ado... Le bon vieux temps !
Par contre, Billy Corgan ne se montre pas particulièrement sympa avec le public, il ne cherche pas à le toucher physiquement (si ! en crachant) ou émotionnellement parlant. Par ailleurs les échos que j'ai de Billy backstage me conforte dans l'idée que ce groupe est puant, a la grosse tête et ne mérite pas cette vénération. Un espace vital doit être délimité backstage (où ne trainent que techniciens et quelques organisateurs responsables), les WC et douches sont personnalisées spécialement pour le groupe, et les vigiles ne laissent pas un bout de peau de Billy dépasser... (même son crâne est caché, c'est pour dire !) Elle est belle la célébrité !

Dur pour New Young Pony Club de passer après une pointure pareille... La musique est rythmée, les musiciens motivés mais je m'éloigne de la scène pour faire un tour sur le stand tenu par les labels indépendants. Longue marche entre les festivaliers assis, debouts ou allongés selon le degré de fatigue, le taux d'alcoolémie (et l'âge), le stand a été repoussé par rapport aux autres années... La Fnac et les gros prestataires passant devant... (Faut bien trouver l'argent pour payer Billy et sa bande, non ?) Je reviens pour CSS (Cansei de Ser Sexy, traduire : marre d'être sexy), groupe qui se défonce pas mal. La scène décorée de beaux ballons colorés est à l'image de cette fin de soirée pleine de fantaisies ! La chanteuse entre en scène en vieille chemise de bucheron, l'ôte au bout de quelques chansons, se retrouve en combinaison collante un peu zébré et terminera en combinaison toute brillante. L'ambiance est à la danse et à la fête, le public lance un oreiller, une chaussure (c'est bon signe à Saint-Malo, ça veut dire qu'on apprécie !) Au final ce sont des fils de papier blancs qui nous sont lancés et l'effet y est !

Côté public, notons la présence d'un Bart Simpons géant qui ne lâche pas son masque, parle à ses voisins, fait des slams, se fait filmer et doit bien suinter sous le caoutchouc...



Troisième jour : vendredi 17 août

Pour la première fois de cette édition des concerts sur la plage (Fnac...) Bon Secours ont lieu. Lucky Pierre est annulé mais The Gentleman Losers jouent bel et bien. Ils ne sont pas vraiment au point sur le réglage et le branchement de leurs instruments alors me voilà repartie pour le Palais. Je ne savais pas alors ce qui m' y attendait...

Final Fantasy ou la cerise sur le gateau, le meilleur pour la fin, l'imagination qui fait la différence ! Final Fantasy c'est un jeux vidéo mais c'est aussi Owen Pallett, Canadien talentueux qui joue du violon sur scène, enregistre ses accords, ses tempos, ses bruitages sur ses diverses pédales wawa et qui a lui tout seul nous produit de fabuleuses mélodies riches et variées. Le concert passe vite, trop vite et la salle reste éblouit par tant de talent et de maîtrise. Le musicien solo arrangeur de composition pour Arcade Fire termine sa belle prestation par deux bis dont une reprise de Mariah Carey (Sweet Fantasy). Merci, Merci, Merci Owen !!!

Direction Marc-en-Poulet pour la dernière partie de cette dix-septième route du rock. Voxtrot nous propose un rock agréable mais n'éclabousse pas réellement les festaliers qui ont écourté l'apéritif obligatoire...

Et puis c'est le très attendu groupe féminin d'Electrelane qui prend place sur la scène. Du rock, du bon ! Les envolés lyriques, les guitares électriques, les voix graves ou plus aïgus, tout se coordonne et s'enchaîne naturellement à la joie de nos oreilles alertes. Les anglaises s'amusent, se sourient, ne surjouent pas (comme Terry Poison ou autres groupes féminins qui font les poufs stupides). Là pas de fioritures, que de la qualité en quantité, tout ce qu'on aime à la rdr !

Albert Hammond JR. Et dans la foule et sur le site, et près du bar, et sous les tentes des stands, dans le carré VIP et l'espace bénévole, partout en un mot, on ne cesse d'entendre « oui ! C'est du Strokes bis ! » Que dire de plus après cela ? C'est vrai que ça y ressemble, normal puisqu' il est guitariste de The Strokes...

Alors que les festivaliers commencent à se fatiguer sérieusement après trois jours de fête et de découvertes musicales, on attends avec impatience la venue des <Sonic Youth venus jouer leur double album (grande référence rock) Daydream Nation. C'est un concert de 1h45 que les quarantenaires nous réservent. Je tiens une heure devant, puis mes oreilles se plaignent alors je m'éloigne de ce groupe certes talentueux mais dont les titres me paraissent parfois un peu trop « bourrins » à mon goût... Désolé pour les fanatiques qui me liront...

Turzi passe bien mais fait figure de chamallow en comparaison avec les stoptou de Sonic Youth. Une chose est sûre les oreilles apprécient la douceur des notes...

LCD Soundsystem concluera très bien cette édition réussie de la route du rock. 23 000 festivaliers sont ainsi venus découvrir ou continuer à apprécier le cadre du Fort de St Père ainsi que la programmation pointue proposée par Rock Tympans. Ca danse, ça bouge, les dernières gouttes de sueurs coulent sur les visages, les réserves d'énergie s'épuiseront sur LCD. Et dans le public, les couples se font plus nombreux, Claude Dus l'avait bien dit : « Je suis sur le point de conclure »...


Pour les festivaliers qui se posaient la question : pourquoi la Route du Rock eut lieu pendant des jours de la semaine cette année... et pour les habitués du bon festival breton qui ont dû faire une croix sur la 17ème édition ; l'explication est simple.
Afin de proposer une affiche de qualité, les organisateurs de la RDR ont dû faire des choix car certains des artistes qu'ils souhaitaient recevoir à Saint-Malo étaient aussi programmés à un très gros festival au Japon qui paye trois fois plus...
Vous comprendrez leur choix...


A présent, il ne reste plus qu'à attendre l'édition hiver que se profile doucement. Une chose est sûre, question vêtements, on ne change pas la tenue portée cet été... Le froid a bel et bien touché les festivaliers cette année à Saint-Malo mais il nous en faudra plus pour nous empêcher de profiter de telles émotions musicales !
A bientôt au Palais en février 2008 !

Marinette


 [2007-09-10] Source : Le Guide des Festivals  Marinette]

 

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